Terre brûlée – ep 1

Aujourd’hui je reviens avec un nouveau concept d’article. Je vous propose de lire une fiction, ce n’est qu’un début, j’espère m’améliorer avec le temps et partager ce processus avec vous. Dans cette première partie de Terre Brûlée, je vous présente un personnage qui me ressemble étrangement, mais ce n’est pas étonnant quand on écrit avec ses emotions ! Dites-moi en commentaire si ça vous a plu :) 

Terre Brûlée: Partie 1

Dans 20 ans ? Ils prédisent que le Mont Blanc sera dépourvu de glace l’été. Ils prédisent que les rivières seront asséchées. Que certaines espèces seront éteintes à cause du Réchauffement climatique et de l’impact trop grand de nous, humains, sur les milieux naturels.

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Nous sommes le 1er Aout 2020. Sous mes yeux s’étend une plaine désertique. Les couleurs ocres couvrent la lande de dorures. Tout bouge et à la fois rien ne change. Jour après jour, le même spectacle s’offre à moi. Quelques brins d’herbe auront peut-être bougé sous l’effet du vent. Je pose mon livre et me lève de mon fauteuil pour aller arpenter le jardin. Il est tard, sinon impossible de marcher tant il fait chaud. Le sol craque sous mes pieds. Moi qui aime tant marcher pieds nus, là c’est impossible, l’herbe est trop sèche, si sèche qu’elle en devient tranchante comme une lame de rasoir. Quelques oiseaux prennent leur envol après une journée passée à l’abri. D’autres se baignent joyeusement dans les coupelles dûment remplies d’eau pour qu’ils puissent survivre à cet été aride. La chaleur est tombée, le mistral siffle toujours dans mon dos alors que je m’avance vers le bois au loin. Je frissonne, la fatigue rend chaque pas compliqué, mais c’est nécessaire. Je dois avancer même si c’est difficile.

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Les bruits du soir s’éveillent peu à peu comme si mes pas avaient déclenché une cascade de sons effrayants. Les branches des chênes craquent sous l’effet de la brise. Le bois est terriblement cassant, encore un des effets de ce manque d’eau sans précédent. Les buissons d’églantier bruissent au passage d’un lézard ou d’une vipère. Quelques cailloux roulent aussi. Et moi je suis là, telle une goule dans cette immensité, cherchant une oasis de fraicheur. C’est si compliqué à trouver.

Je continue d’avancer, il n’y a pas de chemin. Je vais vers nulle part et en même temps j’aimerais tant avancer vers une saison plus fraiche. Encore une fois c’est illusoire, illusoire comme tout ce que j’essaie de mettre en place dans cette vie, une vie qui serait complètement vaine si ne n’essayais pas justement.

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Je deviens un poids, un poids pour mes proches, un poids pour moi-même. Chaque repas devient une discussion politique, dans laquelle mes idées sont passées sous silence. Comme si celles-ci étaient sans valeur. Je sais au fond de moi qu’elles en ont… Il n’y a qu’à contempler cette immensité grillée pour se rendre compte que ça ne va pas. Cette garigue entourée de rivières est désormais asséchée et ne sera plus jamais aussi bien irriguée. Même l’hiver les pluies ne sont pas suffisantes. Les arbres meurent, les animaux perdent leur habitat naturel mais peu importe. Les gens continuent de ne servir que leur intérêt personnel et mon engagement à moi est réduit à un combat inutile.

Le répit de la nuit va m’aider. Les nuits sont fraîches dans la campagne, toujours aussi sèches mais agréables. Je crois entendre une voix loin derrière moi. Sans doute m’appelle-t-on pour me dire que le repas est servi. Cela fait plusieurs mois que je ne fais plus rien dans la maison. Je me lève tard et sors sur la coursive avec pour unique distraction mon livre. J’entends leurs voix toute la journée, j’ignore les remontrances, je ne me bats plus.

La forêt s’épaissit. Mon angoisse s’apaise alors que la nuit tombe. Les animaux et leur chant m’aident à reprendre espoir. Je quitte mes chaussures pour profiter d’un dernier contact avec la terre et m’assois contre le tronc d’un grand chêne. Les cistes et leurs feuilles velues m’apportent douceur et réconfort.

« Anna ! Anna ! »

A suivre…. (ou pas cela dépend de vos retours, n’hésitez pas à inventer la suite !)

Mille baisers,

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2 commentaires

  1. Camille a dit:

    Tu as réussi à me transporter dans ton monde, moi je veux absolument lire la suite, bravo ?

    27 août 2020
    Répondre
    • jadelpf a dit:

      Oh merci beaucoup Camille ! C’est trop gentil :) Je vais tâcher d’assouvir ta curiosité au prochain épisode !
      Mille baisers,
      Jade

      27 août 2020
      Répondre

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